Délégation & Autonomie des enfants, Tri & désencombrement

Notre ami le tri – Edition chambre des enfants

Mon seul regret dans ma vie minimaliste est que je n’ai plus de grand tri à faire. J’en fais toujours régulièrement, mais c’est quand même beaucoup moins impressionnant. Car moi, dans la vie il y a 2 choses qui me font vibrer: les boys-band anglais des années 2000, les yeux de mon mari et faire le tri.  

Et cette année 2021 a été ma chapelle Sixtine du tri. La préparation de notre déménagement de la Nouvelle-Zélande à la Suisse a été l’accélérateur rêvé dans notre démarche minimaliste. En quelques mois, nous nous sommes séparés de 90 % de nos possessions. Du coup, les 3 gugusses aussi ont dû s’y mettre et faire le tri dans leurs affaires.  Avec des tempéraments et des relations aux objets différentes, on a dû employer différent.e.s moyens de chantage affectif approches pédagogiques. Voilà comment on s’y est pris, et comment nous avons réussi à les faire plier adhérer à notre démarche.  

D’abord on a commencé par vendre le concept en montrant l’exemple. Quand j’ai commencé le tri dans notre chambre, je répétais à quel point je me sentais plus légère, comme c’était plus facile de ranger, nettoyer, etc. Les enfants étant de petits êtres nombrilistes, ils ne remarquent pas tout le boulot que vous faites. Il faut donc leur faire remarquer ! Et comme j’ai fait du théâtre en 3ème… 

Le terrain était préparé (j’avais vendu le tri comme une BTS NRC vend des fenêtres en one-shot à un couple de retraités), c’est donc pleine de la confiance du commercial à une vente de sa prime que j’ai dit à numéro trois qu’on allait faire le tri dans sa chambre. Et là, j’ai vu que les mots “trier/donner/jeter” avaient sur lui l’effet du pronom iel sur Jean Castex ; il a dégoupillé.  Mais un truc bien, einh, on ne fait pas les choses à moitié.  

Heureusement qu’en plus d’être irascible, numéro trois a aussi la grande qualité d’être d’une compétitivité malsaine. Et c’est là que je l’ai eu; en lui lançant un défi : trouve-moi UN objet dans ta chambre qui est cassé/incomplet, et on le jette. Et là, magie, piqué par l’abeille du défi, il a séché ses larmes et est parti dans sa chambre en courant. Non seulement il en a trouvé plusieurs, mais à mesure qu’on passait en revue ses jouets et que le sac poubelle se remplissait, je lui ai proposé de mettre de côté ses jouets “préférés du monde entier”, pour le rassurer que ceux-là, on n’y toucherait pas. Dans ce qu’il restait, il a tout de suite accepté de donner les jouets “de bébé”, et une fois lancé, il a décidé de donner tout le reste, et de ne garder que ses préférés. On a pris les choses tout doucement, dans la bonne humeur, sans pression. Au final il a gardé une boite de petites voitures, ses Légos, ses peluches, et une boite à chaussure à moitié pleine d’autres jouets et objets en tout genre. Et c’est tout. Il s’est débrassé de plus de la moitié de ses jouets. Pour les vêtements, on a fait la même chose :  exit les vêtement trop petits ou abimés, et ensuite il n’a gardé que ses préférés. Une fois le travail fini, il a adoré sa nouvelle chambre. 

Pour les deux autres, ça a été plus facile. Quand ils ont vu ce que numéro trois avait accompli, ils étaient partant. Pour eux, j’ai appuyé sur le côté gain de place et facilité à ranger (ça reste des gros flemmards). La différence est qu’ils avaient certains objets avec une valeur affective. Pour ce qui est de leurs “créations”, quand ils ne savaient pas quoi faire, je leur posais cette question simple: Est-ce que c’était bien à faire, ou est-ce que c’est bien à regarder (petit indice chez vous, nous ne sommes pas les parents de Picasso ou de De Vinci) ? En gros, la valeur de l’objet réside-t-elle dans l’expérience qu’ils ont eue à le créer, ou bien est-elle dans l’objet lui-même ? Et c’est comme ça que 95% de leurs œuvres a fini à la benne. Et non, je n’ai rien gardé pour moi. Si un objet n’a pas de valeur pour eux, il n’a pas de raison d’en avoir pour moi. Les quelques rescapés du massacre ont fini dans une boite à souvenir.   

Le résultat a été bluffant : 

  • On a gagné en place en se séparant de plusieurs meubles dont nous n’avions plus l’utilité car vides, 
  • Les chambres restent rangées plus longtemps et se rangent en un clin d’œil,  
  • Ils ne perdent plus leurs jouets et ne me demandent pas toutes les deux minutes où sont les choses (mais je n’en sais rien Jean-Pierre, je n’en sais rien #générationVisiteurs)  

Donc voilà, on a fait confiance aux enfants dans leur capacité, et l’entretien des chambres est plus simple depuis ! Parce que de mon point de vue et par expérience, quand on pense avoir un problème de place, ou de discipline pour ranger, le problème n’est jamais là. La solution ce n’est pas plus de meubles, ou de meilleurs rangements, ou des enfants qui font plus attention à leurs affaires. La solution c’est juste d’en avoir moins (d’objets ou d’enfants, c’est au choix).


Deux enfants qui sautent en l'air déssinés d'un trai

Vous êtes à un clic de ne plus jamais ranger la chambre de vos enfants.


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