Délégation & Autonomie des enfants

Nos amis les balades

Trois kilomètres à pied, ça use les souliers, mais ça use surtout les parents quand on passe toutes ses randos à parlementer avec son fils de 3 ans qui traine des pieds et implore de rentrer à la voiture parce qu’il a mal aux jambes/à la vie ou qu’il a soif/chaud/froid/pas envie d’y mettre du sien.  

Avant d’être les 3 randonneurs que nous avons maintenant, les garçons étaient, comment dire pour rester polie…indisposés à faire des efforts pour marcher plus de 500 mètres sur un terrain escarpé. Pour faire bref, ils pouvaient être pénibles en balade. Je vais quand même rendre à Numéro un ce qui lui appartient, il ne nous a jamais posé de problèmes de ce côté là. A partir du moment où il a découvert la marche, c’était plutôt le faire tenir en poussette et le suivre qui est devenu un challenge. C’est surtout Numéro 2, dis Capitaine Flemme (Caaaaapitaine Flemme tu n’es paaaaas, de no-treuh galaxiiiie…de rien, c’est cadeau), et Numéro 3 dit La Taupe (ce n’est pas une balance, il ne veut juste jamais quitter son terrier) qui nous en ont fait baver. Mais nous avons vaincu ! Parents 1 – Enfants 0 (oui, je compte les points pour tout, et clairement, ce sont nous, les parents, qui menons au score, c’est le côté pratique d’être juge et arbitre).

Quand nous sommes arrivés en Nouvelle-Zélande ils avaient 2, 4 et 6 ans. Et comme la Nouvelle-Zélande c’est beau, nous partions en rando tous les week-ends. Juste par amour de la nature et des cris des enfants. Parce que oui, numéro 2 et 3 DETESTAIENT marcher, et nous le faisait savoir. Invariablement ils finissaient par être portés. Alors oui, cela m’a permis d’avoir des bras et des fessiers en bêton, mais quand ils ont commencé à faire le poid d’un bébé éléphant, il a fallu trouver autre chose. On s’y est pris en deux étapes.  

Etape 1 – On entraine leurs petites jambes 

Le problème : On s’est vite rendu compte qu’au-delà de leur vraie mauvaise foi, nos balades étaient dures pour eux, non pas à cause de notre choix de terrain, mais parce qu’ils n’avaient pas encore développé leurs petits muscles des jambes. Et pourquoi cela ? Parce que numéro 2 avait passé sa vie en poussette jusqu’à ses 4 ans, et numéro 3 était souvent dans le porte bébé. C’était ma manière de les garder en sécurité en sortie quand j’étais (très souvent) toute seule, et de garder mon rythme infernal sans attendre les enfants. Il n’était donc pas raisonnable de leur demander de suivre le rythme en balade alors que pendant la semaine ils ne marchaient nulle part.  

La solution : On s’est débarrassé de la poussette. Alors j’avoue, habiter dans une ville comme Wellington nous a aidé à faire ce choix. La ville est très escarpée (c’est un euphémisme) et est pile dans les 40ème rugissants (le vent qui te fait reculer quand tu te le prends de face). L’abandon de la poussette n’était donc pas si difficile que ça, car pousser une poussette en montée avec un enfant de 2 ans dedans et un vent assez fort pour la transformer en deltaplane, ce n’est pas si facile.

Résultat : Ils ont dû marcher PARTOUT. Donc au bout d’un moment, les petites jambes se sont musclées, et les randos sont devenues physiquement plus faciles pour eux. Et un problème de réglé.  

Etape 2 – On les motive pendant les balades 

Le problème : Ils avaient maintenant la force et l’endurance pour les randos, mais pour numéro 3, c’était la motivation qui manquait, et il nous le faisait bien savoir. Je finissais par craquer et quand même le porter, surtout si nous étions avec d’autres personnes et que l’on ne voulait pas ralentir tout le monde.  

Les solutions : La première nous a été donnée par des amis qui nous ont rendu visite et qui eux, avait un petit de 4 ou 5 ans et qui randonnait plutôt bien. Nourrir les enfants à interval régulier pendant les balades. Apparemment les enfants n’assimileraient pas le sucre comme nous, et il faut les rebooster plus régulièrement. Pour nous, manger c’était seulement quand on avait faim. En leur donnant des barres céréales ou des noix et des fruits secs pendant la balade, on a vraiment vu la différence sur leur énergie, et donc leur humeur. Merci Sophie et Tangi! 

La deuxième solution était la bonne vieille méthode de la diversion. On parle juste d’autre chose quand la marche devient dure, on occupe leur esprit. Non seulement fonctionne, mais on a appris à connaitre d’autres facettes de nos enfants pendant ces balades, et à développer leur imaginaire. Mes conversations préférées ? Décris-moi ta maison de rêve, (on en parle encore, ça évolue tout le temps) ou encore le métier que tu voudrais faire (après la cinquantième conversation ils ont fini par trouver un concept, un nom et un logo pour leurs trois idées, c’est mignon). Les conversations que je laisse à mon mari ? Les suppositions sur ce qu’il va se passer dans One Piece/Naruto, et les cartes Pokémons/Magic, leurs pouvoirs et valeur marchande. De nos jours ils n’ont même plus besoin de nous, ils continuent leurs parties D&D en marchant (le côté sportif de la marche contre-balance le côté geek).  

Numéro trois étant assez coriace, il y a des jours où cela ne suffit pas, donc dans ces cas là on fait comme tous les parents, on a recours soit au chantage émotionnel à la raison (regarde, on passe un bon moment en famille, ne te gâche pas cela tout seul, vient papoter avec nous au lieu de trainer les pieds), soit à la bonne vielle récompense (Après 2 heures de balades sans râler, on aura bien mérité de regarder un film ensemble non?). 

Résultat :  On peut faire marcher les enfants 3 à 4 heures sans problèmes sur des terrains difficiles. Ils ont même fait une rando de plus de 2H l’an dernier (ils avaient 8, 10 et 12 ans) avec sac à dos de plusieurs kilos (nous allions dans un refuge), un dénivelé important et des passages de rivière à pied. Et pas une plainte ! Les balades sont vraiment des moments sympas, et maintenant que nous sommes en Suisse, nous avons hâte de découvrir toutes les randos qui s’offrent à nous. 

Et vous ? Vous avez des trucs à partager pour faire marcher vos enfants ? 


Pour aller plus loin

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