Délégation & Autonomie des enfants, Organisation du quotidien

Desinvibiliser le travail domestique

Nos sociétés ont un peu évoluées ces dernières années en ce qui concerne le partage de la charge mentale. Déja, on sait toutes ce que c’est. Beaucoup de mamans  se sont reconnues dans la célèbre BD d’Emma de 2017  “fallait demander”. Si tu n’as pas lu cette BD, je te laisse 10 minutes pour le faire, mais tu reviens tout de suite après okay ? Et si cette prise de conscience a permis d’entamer une discussion au sein du couple et de la famille, pour beaucoup la discussion s’est soldée par l’une de ces deux choses :

  • Une prise de conscience mais sans changements durables
  • Un déni de la situation  et donc aucun changement

Je pourrais parler du premier point pendant longtemps, et j’ai même créé des outils et tout un programme pour accompagner les familles dans une meilleure gestion de leur temps et la mise en place d’un vrai partage des tâches et des responsabilités. Je parle longuement de ce sujet dans cet article.

Ici c’est du deuxième cas de figure dont je voudrais parler. Je n’ai pas (encore) de baguette magique, mais une réflexion personnelle à partager qui pourrait peut-être aider. Nous les mamans sommes souvent amenées à rationaliser notre temps, à faire plusieurs choses à la fois pour faire tourner la maison et la famille.

Le travail invisible

De fait, dans notre envie de faire avancer les choses d’une case tous les jours, nous effectuons de nombreuses taches de manière totalement invisible. Voici quelques exemples:

  • Lancer une machine quand les enfants sont sous la douche ou que notre conjoint.e s’en occupe
  • Faire à manger quand toute la famille fait autre chose
  • Commander les courses en ligne sur la pause de midi
  • Faire les courses sur le chemin de la maison
  • Étendre la lessive avant de se coucher quand tout le monde est au lit
  • Prendre les rendez-vous médicaux quand personne n’est dans les parages
  • Faire le ménage pendant la sieste, ou quand notre conjoint.e n’est pas là

La liste est longue. Pensez à tout ce que vous faites en mode furtif soit pour optimiser votre temps, soit par dépit du manque d’investissement de la famille, soit par obligation car vous en avez tellement à faire que vos options sont limitées.

Le coût du travail invisible

Cette organisation peut malheureusement avoir un coût. Certaines tâches deviennent invisibles et la famille pense que le panier à linge est magique et absorbe les vêtements sales puis les recache propres et pliés dans l’armoire (si vous avez un panier comme ça, faite moi signe par contre). Et si personne ne voit ce que l’on fait, la prise de conscience est plus compliquée. Attention, je ne trouve pas d’excuses aux personnes qui se dédouanent de leurs responsabilités et préfèrent ne pas voir et ce n’est sûrement pas la faute des mamans si elles sont obligées d’adopter ce mode furtif.

Pour qu’une situation change, il faut commencer par la rendre visible avant de trouver des solutions pour y remédier. Laissez moi vous donner un exemple parlant : Si je suis invisible aux yeux de Bradley Cooper, il ne peut pas se rendre compte que je suis la femme qu’il lui faut; alors que si il me voyait j’aurais déjà plus de chances de changer sa situation amoureuse. Vous voyez le truc ?

Désinvisibiliser le travail

Désinvisibiliser notre travail consiste simplement à mettre en valeur ce travail invisible. Cela peut-être aussi simple que de parler en plus de détails de sa journée lors du repas familial (ce midi j’ai pris rendez-vous chez le docteur/j’ai fait les courses pour toute la famille). Cela peut-être dire à ses enfants “pendant que vous vous mettez en pyjama, moi je vais étendre une lessive pour que vous ayez des choses propres à vous mettre demain”.

Cette étape de mise en valeur facilitera une prise de conscience, étape indispensable avant de pouvoir rééquilibrer la situation. Cela révèle aussi aux enfants toutes les choses qu’ils vont devoir assimiler au fil des années pour devenir des personnes capables et indépendantes.

Donc si tu te reconnais dans ce portrait de femme en mode furtif, je t’invite à te montrer et à mettre en avant ta contribution pour le bon fonctionnement de la famille. C’est un bon début, et il faut commencer quelque part. Parce que si l’on ne change rien, rien ne changera.  


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Organisation du quotidien, Organisation familiale

Notre ami le gain de temps

“Il n’y a jamais assez d’heures dans la journée », « les journées ne sont pas extensibles”, “on court toujours après le temps”, tant d’expressions que nous entendons régulièrement et que nous pouvons même parfois prononcer. Et le problème quand on a la tête dans le seau, c’est qu’il est difficile de trouver des solutions par soi-même pour retrouver ce temps « perdu ».

Comme je suis une personne gentille (il y a eu un vote, je vous jure que c’est vrai), j’ai voulu partager avec vous quelques petites choses que l’on peut faire rapidement pour gagner du temps dès cette semaine (ou la semaine prochaine, no pressure).  

Grouper les tâches 

La base. Pourquoi faire les choses 10 fois quand on peut les faire une seule ? Voilà les tâches que nous groupons chez nous pour gagner du temps : 

  • La planification des menus : on se prend la tête une fois par semaine au lieu de réfléchir tous les jours à ce que l’on peut faire à manger.
  • Les courses : toujours le même jour dans la semaine, pas d’aller-retours journaliers à la superette du coin (sauf quand stratégiquement j’ai besoin de m’éloigner des enfants!).
  • Les découpes : Certain.e.s font du batch cooking, on a essayé pendant un moment, mais ça n’a pas pris. Oui on gagne du temps la semaine, mais cela prenait trop de temps sur notre week-end. Donc on fait du batch couping (I am bilingue you know)! Beaucoup plus rapide, et GROS gain de temps la semaine. On fait juste les découpes des légumes à l’avance et on met dans des boites. Bonus, on a moins besoin de sortir pour aller au compost vu que toutes les épluchures sont évacuées d’un coup.  
  • Le ménage : une fois par semaine, le dimanche. Je parle du gros ménage sols/poussières, pas de mettre un coup rapide sur les éviers, plan de travail ou toilettes (on a un minimum quand même!).
  • La paperasse/l’administratif : une fois par semaine, comme ça on ne prend pas de retard et ça prend moins de 10 minutes 

Diminuer la fréquence de certaines tâches  

  • Le bain des enfants : 3 bains à donner, ça prend du temps, quand justement on en a moins, et qu’on est fatigué.e d’une journée de travail. Alors au bout d’un moment, on a réduit. 3 fois par semaines (ou quand ils étaient sales bien entendu) c’était bien assez, et ils n’étaient pas crassous pour autant.  A partir du moment où ils ont pris leur douche seul de toute façon, le problème était réglé.
  • Les lessives : Tant qu’il n’y a pas de tâches et que ça ne sent pas, on garde les vêtements plusieurs jours. On ne met pas un t-shirt ou un short une seule journée. Quand on a trois enfants, ça diminue grandement les lessives ! 
  • L’aspirateur : avant on passait l’aspi dans la maison 2 fois par semaines. Maintenant c’est une fois. Et bien ça suffit amplement au final.

Eliminer certaines tâches  

Il y a des choses que l’on faisait, mais que l’on ne fait plus du tout, parce que ce n’est pas une priorité pour nous : 

  • Le repassage : je ne repasse RIEN. Au pire des cas, un petit coup de sèche-cheveux suffit. Alors oui, fini les hauts en lin, mais le jeu n’en vaut pas la chandelle ! 
  • Le tri du linge : tous les vêtements sont mélangés et lavés à 30 degrés (du coup on fait attention à ce qu’on achète). Les serviettes et draps sont lavés ensembles à 60. Fini le sombre/clair/délicat/lavage main/pressing. 
  • Il doit y avoir d’autres choses, mais comme je ne les fais plus…j’ai oublié ! 

Et comme d’habitude, LA BASE pour gagner instantanement du temps au quotidien : le désencombrement ! Nous avons pris un virage minimaliste et ne vivons qu’avec le tiers de ce que nous avions avant le dit virage. Vous n’avez pas idée du temps que cela libère ! 

Et vous, il y a des choses qui vous prennent du temps et que vous voudriez arrêter de faire ?


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Délégation & Autonomie des enfants, Organisation du quotidien, Organisation familiale

Notre amie la sérénité

Avant d’avoir des enfants, j’étais en mouvement perpétuel. Heureusement mon mari est le Yin the mon Yang (ou le Bataille de mon Fontaine si vous préférez), et m’a forcé à ralentir. Je lui dis merci car malgré un travail à temps plein, un mari souvent absent, trois jeunes enfants d’âges rapprochés et peu de soutien logistique dû à notre éloignement géographique, j’ai eu la chance de ne jamais souffrir d’épuisement parental. Je me suis demandée comment j’avais réussi à passer à travers alors que j’étais la candidate idéale. Je crois que c’est un mélange de plusieurs choses. Voici le fruit de mes réflexions.  

Nos routines journalières

Certains moments de nos journées sont pré-organisés, codés à l’avance pour ne pas avoir à réinventer la roue à chaque fois. Les routines ont évolué selon l’âge des enfants et leur plus grande autonomie, mais nous avons toujours eu : 

Une routine du soir : cela inclus la préparation pour le coucher des enfants (chaque étape dans le même ordre et à la même heure pour que cela devienne une habitude), et la préparation du lendemain (rangement des pièces communes, préparation des habits, des lunchs, des sacs, machine et lave-vaisselle en route, etc), Résultat : les couchers se sont toujours bien passés, la matinée suivante est déjà simplifiée, et nous avons du temps pour nous.  

Une routine du matin : comme pour le matin, l’heure de chaque étape de la préparation ne varie pas d’un jour à l’autre. On effectue les mêmes choses, dans le même ordre, tous les jours. Résultat : une préparation plus sereine, pas de yoyo mental à se demander ce qu’il nous reste à faire, et un début de journée plus positif pour tous.  

Nos habitudes hebdomadaires  

La routine des courses et des repas : Depuis que nous avons des enfants nous faisons les menus et les courses à la semaine. Un gain de temps incroyable, et des décisions regroupées sur une journée et non étalées sur sept.  

La routine dimanche soir : chacun se fait à manger. Quel bonheur de souffler un peu avant le début de la semaine ! 

Des agendas allégés  

Les activités : nous avons fait le choix délibéré de ne pas surcharger nos enfants. Officiellement pour les préserver, leur apprendre à se poser et à développer leur imagination et leur créativité. Officieusement, pour nous épargner du travail supplémentaire. Une seule activité extra-scolaire chacun, choisie uniquement en fonction des jours et des horaires des cours, et de leur proximité géographique. Je ne pense pas que l’on prive le monde du futur talent de la musique.

Les invitations : si les enfants sont invités à plus de deux évènements dans la semaine ou le week-end, on leur demande de choisir les plus importantes, sinon ils cumulent de la fatigue et ça part en vrille à la maison.  

Dire non : Je suis déjà partie les mains dans les poches pour une réunion à la crèche ou à l’école, et revenue trésorière ou responsable de la brocante d’un établissement de 600 élèves (maligne la fille). Maintenant je réfléchi avant de dire oui, et je m’assure qu’en disant oui à quelqu’un, je ne me créé pas de la fatigue ou des soucis inutiles.  

Limiter les stimulations  

La musique : jusq’aux 9 ans de mon ainé, il n’y avait même pas de musique à la maison. Il y avait déjà assez de bruit avec les trois. Les choses ont évolué et nous mettons maintenant de la musique avec plaisir, mais à des moments choisis, et non par reflexe ou peur du silence (et puis je chante tellement bien qu’on dirait Adèle en personne). Nous sommes très à l’aise avec le silence (oui, dès fois j’arrive à arrêter de parler). 

Les écrans : 1h30 par semaine répartie sur 3 jours, c’est ce à quoi ils ont droit. Pour la télévision, si on l’allume, c’est pour regarder quelque chose de spécifique (généralement du sport), ou pour passer un moment choisi en famille devant un film ou une série. On ne l’allume pas par reflexe, juste pour voir ce qu’il y a (il n’y a jamais rien de toute façon non ?) et jamais parce que l’on s’ennuie. 

Notre intérieur : nous avons peu d’objets autour de nous, donc pas de sur-stimulation visuelle. Chaque objet est choisi et apprécié. Un intérieur calme et facile à entretenir, pour nous c’est la base d’un quotidien apaisé.

Ne pas se mettre la pression 

On ne sera jamais les parents parfaits. De toute façon, en étant leur mère, s’ils finissent chez le psy on leur dira que c’est de ma faute quoi que je fasse, non ? Bon. Alors voilà une liste non exhaustive des choses pour lesquelles on a décidé de ne pas s’en faire :  

  • Les repas : on ne les force pas, ils doivent juste essayer. 
  • Les habits : on privilégie l’entretien et le confort plutôt que le look, je ne me bagarre pas pour qu’ils mettent un pantalon s’ils ne veulent pas. 
  • L’état des chambres : on demande juste à ce que le linge ne traine pas (comme eux aussi sont minimalistes, elles sont peu dérangées au final) 
  • Les gouters d’anniversaire : on en fait de temps en temps, pas tous les ans, avec peu d’enfants, et juste pour qu’ils jouent à la maison, on ne passe pas des heures à préparer des activités.  
  • Cadeaux de Noel et d’anniversaire : on limite le nombre pour tout le monde. Ils en profitent mieux, et on évite la course de fin d’année à acheter trop de choses.  

Le travail en équipe 

Cela a toujours été clair avec mon mari, nous sommes tous les deux responsables de notre quotidien et de notre habitation. Je ne suis pas là pour faire les choses, et lui pour “aider” (en quoi avoir des ovaires ferait que j’ai plus de capacité ou de plaisir à m’occuper de mon intérieur ou des courses ? )

Pareil pour les enfants. Nous ne sommes pas à leur service, nous sommes là pour les accompagner vers l’autonomie. Alors oui, plus ils sont petits plus on en fait pour eux, mais on a voulu très tôt les sensibiliser au fait que nous vivons ensemble, donc que nous partageons les responsabilités, chacun à notre niveau.  Quand on fait tout à 5, et ben ça va 5 fois plus vite pour tout : le ménage, le tri du linge, les courses, faire les valises pour les vacances, etc. 

Conclusion : Tout ça peut paraitre assez rigide, mais grâce à toute ces petites choses et à notre organisation du quotidien, nous nous dégageons beaucoup de temps pour nos loisirs, ou pour simplement ne rien faire. Je peux faire du sport tous les jours, nous allons à la bibliothèque, jouons énormément avec les enfants, passons du temps à nous balader, à lire, bref, à profiter les uns des autres et à ce que notre environnement a à nous proposer, sans courir partout.  


Vous n’êtes qu’à un clic d’un quotidien simplifié.


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Organisation du quotidien, Tri & désencombrement

Notre ami le shopping

Désencombrer son espace de vie pour s’alléger le quotidien, c’est bien. Mais si on ne veut pas que ces efforts soient en vain, il faut éviter d’accumuler à nouveau. Après notre grand désencombrement (voir article ici), nous avons vraiment regardé nos habitudes d’achat. Alors comme d’habitude, je n’ai pas réinventé la roue, je me suis plongée dans les lectures et l’écoute de podcasts, et j’ai suivi les règles qui résonnaient le plus en moi (j’essaie de parler comme une vraie blogueuse inspirante en utilisant des mots inspirants comme “résonance”).  

J’en ai conclu que, face à un achat éventuel, on ne se posait pas les bonnes questions. On se demandait juste si on en avait besoin. Cela parait comme LA question sensée, mais elle est limitée, car nous sommes très fort.e.s pour nous persuader d’avoir besoin de quelque chose, alors qu’en fait, on en avait juste envie et qu’on aurait pu faire sans (non, je ne parle pas de mon ex, ne soyez pas mauvaise langue s’il-vous-plait!). Bref. Voici maintenant les questions que l’on se pose avant d’effectuer un achat.  

Y’a-t-il une alternative à cet achat ? 

Des alternatives, il y en a souvent.  

  • Les abonnements à la ludothèque et à la bibliothèque font que nous n’achetons plus ni jeux de sociétés, ni livres. Il y a des abonnements pour tout maintenant, même l’équipement de puériculture.  
  • Le prêt – les choses dont nous n’avons besoin qu’une ou deux fois par an, nous demandons à nos amis ou voisins. Cela nous permet d’apprendre à les connaitre et renvoyons avec joie l’ascenseur. 
  • La réparation bien évidemment. Mais pour ça je me fixe des règles, je dois réparer ou faire réparer dans la semaine, sinon, je cherche une autre alternative (si je ne prends pas le temps en 7 jours, je ne le prendrai jamais)
  • La substitution – Je n’ai plus de pantalon de pyjama mais j’ai un pantalon de yoga qui commence à faire la tête. Au lieu de racheter les deux, j’utilise le pantalon de yoga en pyjama, et pour les 3 fois où je fais du yoga par an, (et vu mon niveau) je mets un legging. Ça vaut pour tout. Quand on commence à réfléchir, on trouve plein de substituts à tout. 

Est-ce que j’en ai envie ou besoin ? 

Non seulement cette question réduit le nombre d’achats, mais elle valorise aussi l’achat plaisir qui devient plus réfléchi, intentionnel et assumé. En fait je divise mes achats en 3 catégories:  

  • Les envies non-essentielles – sauf ENORME coup de cœur, je n’achète pas. Le bonheur que j’ai à avoir une maison et une garde-robe facile à vivre prend toujours le dessus par rapport à la joie éphémère de posséder un objet. 
  • Les essentiels dont je n’ai pas envie – dans ce cas j’essaie en priorité de trouver une alternative à l’achat. Le cas échéant, j’essaie au moins de trouver un modèle qui remplit des critères de praticité, de facilité d’usage et d’entretien.  
  • Les essentiels qui me font envie : Si l’achat est la seule alternative, que cela me fait plaisir et qu’en plus j’en ai besoin, je fonce.  

Quel est le coût réel de cet objet ?  

C’est une question qui m’a fait tilt quand elle a été abordée dans un des épisodes du podcast de “The Minimalists”. Le coût d’un objet est très différent de son prix annoncé en magasin. Avant d’acheter, nous prenons maintenant toujours en compte :  

  • Le prix de fonctionnement : électricité pour ce qui se charge, les piles pour le reste, gaz pour une Sodastream, etc. 
  • Le prix des accessoires : les protections pour un nouveau vélo, les jeux ou manettes en plus pour une console, des pots pour les nouvelles plantes, etc.  
  • Le prix d’entretien : le nettoyant spécial pour ces chaussures, le pressing pour cette robe, la microfibre pour ce fauteuil, la révision du vélo ou de la voiture, etc. 
  • Le prix du stockage : un abri ou ratelier pour les vélos, une nouvelle étagère pour les livres, etc. 
  • Le temps passé à s’occuper de l’objet en question 

Combien d’heures de liberté cela va me coûter ? 

Je ne compte plus le prix des choses en francs/euros, mais en heure de liberté (mais quelle hippie je suis). Mettons que je vois une paire de bottes à 200 euros, que je sois prête à me séparer de cet argent, et que je gagne 20 euros de l’heure comme salariée. Est-ce que je préfère travailler 10 heures pour me les payer, ou bien me prendre 10 heures de congés supplémentaires (sans solde). Parce que ça revient au même au final. Dans les deux cas, j’ai 200 euros en moins. Dans le premier j’ai une paire de bottes en plus, et dans l’autre j’ai un jour et demi de vacances en plus (sans les enfants bien entendu)

Le temps, c’est de l’argent. Moi je préfère dire que l’argent, c’est du temps (roooooh, c’est super profond ce que je dis, je devrais peut-être me reconvertir en philosophe professionnelle !)

Bonus – Nos bonnes habitudes 

En plus de nous poser de meilleures questions nous avons quelques autres habitudes qui nous permettent de maitriser le flux de ce qui rentre à la maison.

  • Non aux échantillons gratuits/ cartes à collectionner de supermarchés. Non seulement ce sont des choses que, jusqu’à ce que l’on me les mette dans les mains, je n’avais aucune intention de posséder. Je vais en plus devoir les stockers, les ranger, et les voir trainer. C’est non. (En plus c’est rigolo de voir la réaction en caisse quand on refuse un truc gratuit, vous verrez une vraie palette d’émotions.)  
  • Quand un objet rentre, trois doivent sortir Pour les vêtements on a suivi ce ratio pendant un moment, mais maintenant on fait un pour un car nous avons des gardes-robes très minimalistes.  
  • Toujours de seconde main– Car on ne trouve pas tout, tout de suite en seconde main. Il faut faire des recherches. Donc si on a la flemme de patienter ou de faire des recherches pour un article en particulier, c’est qu’on pourrait s’en passer. Ça marche très bien avec les enfants. Au bout de 3 ou 4 visites de magasins ou de quelques jours passés en ligne à chercher un truc en particulier, ils passent très souvent à autre chose. On s’évite donc un achat qui aurait été inutile.  

Donc voilà. D’habitude j’ai des conclusions à la fois pertinentes et drôles (bien entendu), mais là je sèche. Je ne vais peut-être pas devenir philosophe professionnelle tout de suite en fin de compte. 


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Organisation du quotidien, Organisation familiale

Nos amis les repas

Le plus casse-pieds avec les repas, c’est que ça ne s’arrête jamais. Et autant les choses comme le ménage peuvent se déléguer tôt et facilement, autant l’élaboration et la fabrication des repas, c’est plus difficile. Mais pas impossible à celles et ceux qui veulent avoir la paix responsabiliser leur marmaille ! Voilà comment nous gérons tous les aspects des repas avec nos 3 ogres. Comme nos systèmes ont changé en fonction des besoins de la famille, et surtout des pays où nous vivons, je vous les présente dans l’ordre chronologique, façon évolution Pokémon (je vous avais déjà prévenu, je suis sous influence geek des garçons) 

L’élaboration des repas 

Organisation de base (niveau Pichu) – la planification des menus. Les mérites de cette organisation ne sont plus à démontrer, on s’est vite rendu compte que pour une famille de 5, si on voulait faire attention à l’équilibre de notre assiette et de notre budget, à acheter en bonne quantité, et ne pas passer 3h à faire les courses. On s’y est mis dès la naissance du deuxième il me semble. Ça a toujours été la responsabilité de mon mari (surtout entre 2008 et 2012 où je me concentrai sur mon activité préférée: engraisser et expulser des hippopotames de mon  corps) .  

Evolution (niveau Pichu) – Les kits repas. Après quelques années en Nouvelle-Zélande sans cantine scolaire ni pause midi à la maison, donc avec des repas en plus à préparer à l’avance (par « repas » entendez des aliments qui peuvent se manger en 10 minutes chrono, froids, et qui résistent au transport d’un enfant de 5 ans en trottinette dont la délicatesse est digne d’un livreur UPS de mauvaise humeur), nous étions à cours d’idées. LA solution: très régulièrement, pour souffler, nous commandions en ligne des kits repas. Si vous ne connaissez pas, c’est une semaine de repas en kit livrés chez vous, avec les recettes détaillées, et les aliments pesés et prédécoupés. On gagnait en temps de courses et de préparation, nous avions de nouvelles recettes à essayer, et surtout fini la question « qu’est-ce qu’on va bien pouvoir leur faire à manger ce soir ? ». Et en bonus, on utilisait souvent les restes pour les 3 lunch box de l’école.  

Méga évolution (niveau Raichu) – JOW. Nous faisons toujours les menus à l’avance depuis 2010, mais 2 fois plus vite. Et surtout, les enfants peuvent le faire aussi car nous avons enfin découvert l’application JOW qui génère les menus et les listes de course automatiquement (merci à ma petite sœur chérie pour la découverte). En Suisse on ne peut pas utiliser la fonction commande en magasin (je ferai une lettre ouverte à JOW un jour), mais tout le reste fonctionne. Les enfants apprennent à équilibrer un menu sur la semaine (non numéro 2, tu ne peux pas mettre des pâtes ou de la pizza à tous les repas), à respecter un budget (non numéro un, tu ne peux pas avoir du saumon fumé 5 fois par semaine), et à diminuer leur consommation de viande (non numéro trois, juste non, comme ça).  

Les courses 

Avant que je ne commence à vous expliquer notre système, je pense qu’on peut d’abord se mettre d’accord pour se dire que les courses…c’est chiant.  

Niveau Pichu– le drive. On a vite vu que le drive, il n’y avait pas mieux avec des petits. Et par chance, le seul Drive de la région à cette époque-là (je vous parle d’un temps que les moins de 14 ans ne peuvent pas connaitre), était juste à côté de chez nous (merci Fastoches Courses de Vern-sur-Seiche, je ne t’ai jamais oublié même quand tu es devenu un Leclerc Drive – Hasta Siempre)

Niveau Pikachu – mon mari. Simple, efficace. Il n’y avait pas de Drive en Nouvelle-Zélande. Mauvaise surprise (ça et la pauvreté du rayon fromage…j’ai encore des flashbacks). Au début on s’est fait beaucoup livrer les courses, mais il manquait souvent des choses (et j’avais un petit talent pour commander les mauvaises quantités).  Mais bonne surprise, les supermarchés étant ouverts tous les jours et jusque tard, c’est mon mari qui faisait les courses le dimanche soir, quand les enfants prenaient leur bain et mangeaient. Etant une épouse attentionnée, il m’arrivait de me dévouer de temps en temps pour avoir un break des enfants décharger mon mari. 

Niveau Raichu – le gang. Arrivée en Suisse, mauvaise surprise à nouveau, les supermarchés ferment tôt, voir très tôt le samedi, et ne sont pas ouverts le dimanche (ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit, on a juste été habitué à 7 ans de libéralisme sauvage, on se soigne). Du coup, on doit faire comme tout le monde, on y va la semaine. Mais on y va en mode mission GIGN: Un enfant pousse le caddy et scanne les articles, un parent lit la liste de course et dispatche les 3 soldats restant dans les rayons. Passage en caisse self-scanning de 30 secondes, 5 paires de bras à peu près costauds pour charger et décharger la voiture…mission accomplie.  

La fabrication des repas 

Niveau Pichu – Le bac à glaçons. Quand ils étaient bébés et mangeaient encore beaucoup de purée, j’ai repris la bonne vielle technique ancestrale passée de génération en génération par ma mère : le bac à glaçons. On fait les purées en avance une fois toutes les 2 semaines ou plus, et on les congèle dans des bacs à glaçons. Monsieur veut une purée carotte-petit pois ? Pas de soucis, 2 glaçons de chaque. Et avec l’âge, on augmente les doses. Méthode plus rapide et plus économique car moins de gâchis, on adapte les doses au fur et à mesure en fonction de l’appétit de chaque ogre.  

Phase 2 – le Thermomix. Et oui. Je fais partie de cette secte. Enfin, je FAISAIS partie de cette secte. J’ai laissé mon 4eme enfant en Nouvelle-Zélande à une collègue, car on ne s’en servait plus que pour la pâtisserie, le bol n’étant plus assez grand pour une famille avec 3 garçons qui mangent plus que moi. Mais je dois dire que pendant les 11 ans où je l’ai eu, il a chauffé tous les jours ! Je n’ai pas trouvé mieux comme gain de temps pour préparer des repas sains. Et comme je travaillais à temps plein et que mon mari était souvent absent, cela me permettait de mettre tout en route en 10 minutes, de m’occuper des bains de enfants, et tout était prêt au bout de 20/30 minutes sans que je ne brule rien. Magique.  

Phase 3 – la main à la pâte. Fini le temps béni du Thermomix (il reviendra quand les enfants auront quitté la maison, j’ai déjà hâte…du Thermomix ou du départ des enfants, je vous laisse deviner), maintenant on fait à l’ancienne, les enfants participent. Et depuis plusieurs années on perpétue la tradition familiale du côté de mon mari: on ne fait pas la cuisine le dimanche soir. Ils se débrouillent, mangent avant nous et nous on a un repas en tête à tête. A eux les pâtes et raviolis, à nous les restes des repas de fêtes.  

Les repas 

Phase Pichu – 2 services. Comme on a couché les enfants à 19h puis 19h30 pendant TREEEEEES longtemps, on faisait 2 services. Et comme ça, on avait un moment en tête à tête avec mon cher et tendre, ou entre adultes avec nos au pairs. Pour le débarrassage on a commencé par petites touches. Au début c’était juste leurs assiettes, couverts et verres à mettre sur le plan de travail. Puis on a ajouté 3,4 ou 5 choses en plus par enfant (comme la salière, le pichet d’eau, etc), en fonction de leur âge (on fait plus bosser les plus vieux, ils font moins de dégâts). Et grâce à nos supers au pairs Paul et Margaux qui ne se sont pas fait avoir,  on a aussi pu se rendre compte (mais très tard) que nos enfants étaient des escrocs et pouvaient mettre les choses directement dans le lave-vaisselle ET essuyer la table (merci encore les amis…de notre part, pas de celle des enfants)

Phase Pikachu – 1 service. Au bout d’un moment, on a préféré coucher les garçons plus tard et faire la concession de manger plus tôt pour mon mari et moi, et ne faire qu’un service. Au bout d’un moment, c’est juste trop de travail, on avait l’impression de passer notre soirée en cuisine. Pour ce qui est de mettre ou débarrasser la table, ils font ça ensemble. Et il prennent des tours pour vider le lave-vaisselle et essuyer la table (toujours dans la joie et la bonne humeur, bien entendu).   

Et voilà, c’est comme ça que ça se passe chez nous. Les repas sont souvent mes meilleurs moments de la journée, on parle de beaucoup de choses, on rigole énormément, et c’est aussi là que l’on tient nos réunions de familles. Et vous, vous gérez comment chez vous la logistique des repas? 


Pour aller plus loin

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Organisation du quotidien, Organisation familiale, Organiser son travail

Notre amie la paperasse

“La paperasse, moi, j’adore”. Cette phrase n’a jamais été prononcée dans TOUTE l’histoire de l’humanité (ça et “j’insiste, c’est moi qui me lève pour le biberon de 2h”).  

Gérer la paperasse, c’est comme demander à son crush de 4èmeB s’il veut sortir avec nous. Plus on laisse trainer, plus on s’en fait une montagne, et du coup le moment venu, on part du mauvais côté pour faire la bise, on bafouille, il rigole, il nous dit qu’on est vraiment une “super copine” et il nous demande si-au-fait-ta-copine-Sandrine-elle-n’a-pas-un-petit-ami-parce-que-vraiment-elle-me-plait-beaucoup. Bref. J’ai appris des erreurs de cette fille fictive très tôt, et je me suis rarement fait dépasser. Avec le temps et l’arrivée du tout dématérialisé (la vache, la phrase de vieille!), j’ai affiné, et voilà où on en est maintenant pour que cela prenne très peu de temps. 

La paperasse vient bien de quelques part. Donc on commence par s’attaquer à la racine du mal

  • On automatise tous les paiements que l’on peut  
  • On demande les factures/relevés/communications par internet  
  • J’ajoute des règles dans ma boite mail pour que les factures ne se perdent pas au milieu d’autres emails 
  • Pareil pour les fiches de paie, ou les attestations en tout genre qui ne demandent aucune action de ma part. Si elles sont mises dans un dossier automatiquement, c’est ça de moins à faire et je sais oû les trouver le cas échéant. 

En faisant cela on a réduit pas mal le volume de papier. Mais il y a toujours des petits rebelles qui arrivent par la boite aux lettres (comme l’amende reçue pour mon cher et tendre pour excès de vitesse…bref), ou qu’on ramène en personne (comme un contrat d’assurance). Avec ceux-là aussi on a un système. Je vous présente la clée de voute du système: Le casier magique. TADAAAAAAH.  

A la réception, je jette TOUT DE SUITE ce qui ne demande aucune de ces 5 actions de notre part : payer, appeler, remplir, renvoyer ou garder. 

  • Tout ce que qui peut être géré en moins de 5 minutes avec un minimum d’effort (comme faire un versement rapide en utilisant mon téléphone)je le fais tout de suite. 
  • Tout ce qui prend plus de temps ou d’énergie (genre aller sur internet sur un site que j’utilise une fois par an et dont je n’ai pas noté le mot de passe) va dans le dossier “à traiter” (et j’ai des boutons à l’avance d’avoir à réinitialiser ce fichu mot de passe).  

Alors attention, c’est là qu’il faut de la discipline. Si on met des choses dans un dossier et qu’on ne s’en occupe jamais…ça ne sert à rien, ça ne s’appelle pas gérer la paperasse (comme avoir un abonnement à la salle de sport et ne jamais y aller ne s’appelle pas être un athlète Jean-Blaise)On choisit un moment où on a un peu de temps dans la semaine, et toutes les semaines, on en fait un rituel (et je me rappelle toujours que le temps, on le créé, on n’attend pas de l’avoir). Quand j’étais salariée, je rentrais 30 minutes avant les enfants le mardi, et comme la paperasse me prend moins de 10 minutes, c’était parfait.  

Une fois le dossier sorti, je commence par gérer tout ce qui demande une action de ma part autre que garder. Une fois géré le papier est le plus souvent jeté, mais il peut aussi rejoindre les « à garder ».  

Pour savoir si je dois garder un papier, je me pose la question suivante : est-ce le papier lui-même qui est important ou bien l’information qui est dessusSpoiler alert, c’est rarement le papier. 

  • Si c’est le papier qui est important, je le mets dans un des dossiers de la boite magique (comme par exemple un acte de naissance, un contrat)  
  • Si c’est l’information qui est importante ET que je peux obtenir l’information facilement auprès de l’expéditeur si besoin (comme un relevé de prestations), je jette (la majorité) 
  • Si c’est l’information qui est importante MAIS qu’il serait difficile d’obtenir l’information, je scanne avec mon téléphone, j’envoie dans un dossier, puis je jette.

Une fois par an, je mets mon nez dans les dossiers, je vide et je les mets dans mes archives (des fiches cartonnées toutes simples), par catégorie. Et je repars avec un dossier magique tout vide, en sachant que je retrouve tout dans mes archives très vite si besoin (oui, même les copies de mes diplômes).  

Une image vaut mieux que milles mots, voilà une petite infographie pour vous pour résumer.  

Je me suis fais suée à le faire, j’espère que vous aimerez !

Et voilà, c’est tout. On diminue la source, on gère l’urgent tout de suite, on jette beaucoup, on met le nez dans le “à trier” toutes les semaines, et on archive tous les ans. Comme ça, on ne se fait pas dépasser. Pour nous, ça marche nickel.  

Purée, si cette fille de 4ème (toujours totalement fictive) avait agi tout de suite, elle aurait peut-être filé le grand amour avec son crush, et elle aurait pu l’aider à réaliser son rêve d’ouvrir un bar en Jamaïque. Quel gâchis…. 

Et vous ? Vous gérez comment la paperasse ?


Et si nous trouvions le système parfait pour gérer votre paperasse sans stress ?


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Délégation & Autonomie des enfants, Organisation du quotidien, Organisation familiale

Notre ami le matin 

Avec 3 enfants rapprochés, les matins n’ont pas toujours été faciles. Très souvent au moment où j’arrivais au travail, j’avais déjà l’impression d’avoir fait le Vietnam (oui, je sais, j’aurais des surprises si j’allais vraiment à la guerre). J’avais passé ma matinée à courir après les enfants, leur mettre la pression pour être à l’heure, à chercher des chaussettes propres, calmer les disputes, préparer le petit dèj, perdre mon téléphone, retrouver mon téléphone, essuyer le deuxième verre de jus d’orange renversé par numéro un (TOUS les matins pendant 10 ans de sa vie ! Je crois qu’il tentait d’établir un record, c’est pas possible une telle régularité), chercher mes clefs, calmer une colère, chercher ma carte de bus…vous voyez le truc.  

Maintenant, il n’y a plus de cris (j’ai une méthode, ce n’est pas de la magie noire), et tout le monde part à l’heure, sereinement (sauf quand numéro trois décide que sa vie serait mieux s’il était scolarisé à la maison mais ça, ça peut le prendre à toute heure, pas juste le matin, quelle chance), avec la table du petit dèj débarassée (notez que je n’ai pas dit essuyée, numéro un, si tu lis ce message, tu sais ce qu’il te reste à faire) et la cuisine et le salon en ordre. Alors non, on n’a pas de la chance, on a bossé pour en arriver là, et voilà comment on a fait.  

Quand ils étaient tout petits, les matinées se passaient super bien, même avec un mari le plus souvent en déplacement. J’avais une organisation militaire version chaine d’assemblage PSA, donc les enfants ne pouvaient pas gâcher grand-chose, je faisais tout, je maitrisais tout. C’est quand ils ont tous été indépendants (mais pas trop) que c’est parti en vrille, à environ 3, 5 et 7 ans (Je suis pour la démocratie, l’autonomie et le libre arbitre mes chers enfants, vraiment, mais pas le matin quand j’ai un bus à prendre et que tu ne sais pas encore mettre un pantalon à l’endroit du premier coup). 

On a bien essayé la technique ancestrale de dire-aux-enfants-de-faire-un-effort-parce-que-ça-peut-plus-durer, ça a eu même taux de réussite que la France à l’Eurovision. Le déclic a été une période de convalescence de 3 semaines complétement alitée pour moi. Les enfants avaient alors 6, 8 et 10 ans et on a été forcé de mettre au point un système qui au final a sauvé mes matins (Système – ten points from Maman). 

Mon opération étant programmée, nous avions eu le temps de réfléchir à notre organisation. Mon mari ne serait pas là pour aider le matin (il part au travail en gros quand on se lève), et je serais clouée au lit. Voilà ce que nous avons mis en place. Mais pourquoi on n’y avait pas pensé avant (ben parce qu’avant tu avais la tête dans le guidon ma pauvre Hélène) ! 

  • Leur faire préparer leurs affaires la veille (je ne pourrai pas aller jusqu’au sèche-linge le cas échéant) 
  • Les faire se lever à des heures différentes, comme ça ils ne sont jamais longtemps dans la même pièce car à des stades différents de leur préparation. Ça évite les disputes, et de se perdre en bavardage (GROS point noir de mes matins apocalyptiques). 
  • Acheter un micro-onde (le plus simple possible avec juste UN bouton sur lequel appuyer), le mettre à hauteur des enfants, et acheter un pot en plastique avec un couvercle pour qu’ils puissent faire chauffer leur lait tout seul sans se bruler.  
  • Les récompenser quand ils sont prêts avant 8h (on a un système de bons points qui fonctionne à merveille) 

Et là, miracle, avec tout ce que nous avons mis en place, les matinées se passaient MIEUX que quand j’étais là…de là à dire que j’étais le problème il n’y avait qu’un pas que j’ai franchi assez vite. Parce qu`en fait, en plus de tout ce qu’on a mis en place, sans que je sois là pour leur mettre la pression, ils se sont détendus, et au final ils étaient prêts à l’heure. MAGIE ! (Oui, j’aurais dû m’en rendre compte avant mais il faut suivre, je vous ai déjà dit que j’avais la tête dans le guidon !). 

Une fois remise sur pied, j’ai continué à les laisser tranquille, en me levant après eux. Ils viennent me faire des câlins au lit à tour de rôle après le petit dèj, et quand je me lève ils sont déjà soit habillés, soit en train de se laver. Avec juste moi à m’occuper, j’ai gagné du temps et je peux faire avancer des trucs chiants genre mettre une lessive en route ou nettoyer la cuisine, et ça me dégage en plus du temps le soir quand j’ai juste envie de me poser (bon, je me pose quoi qu’il arrive le soir car mon mari fait presque tout, mais vous voyez l’idée). 

Et comme j’ai vite vu qu’avec de l’entrainement ils avaient souvent 25 minutes à tuer, j’ai rallongé la liste des choses à faire des enfants (mouhahaha) :  

  • Débarrasser la table  
  • Ouvrir les volets 
  • Ranger leur bazar s’il y en a dans le salon.   

Avec tout ça, ils ont quand même tous le temps de lire avant de partir. Elle est pas belle la vie ! La moi du passé n’en croirait pas ses yeux. 

Pour résumer, ce qui marche chez nous c’est, pour nous 5, la préparation la veille, une vraie routine pour chacun, ne pas se retrouver tous au même endroit au même moment, et aussi beaucoup de lâcher prise de ma part : ils vont à pied à l’école, s’ils sont en retard au final c’est leur problème. A ce jour ils n’ont jamais été une fois en retard (ils y sont souvent allés avec des vêtements plus ou moins propres mais bon, on ne peut pas tout avoir).  

Et pour mon téléphone je ne le cherche plus, je mets la radio dessus dès que je me lève, comme ça je sais où il est ! Et vous, vous avez des trucs à partager pour rendre les matins sereins ? 


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Délégation & Autonomie des enfants, Ménage, Organisation du quotidien, Organisation familiale

Notre ami le linge

Ah, le linge. Ma grande passion. Quand tu te dis qu’il faut faire une lessive, il est souvent déjà trop tard. Tant que tu as encore des culottes propres, le panier à linge est comme recouvert d’une cape d’invisibilité ; tu ne le vois pas, tu es bercé.e par la douce illusion que tu es laaaarge. Et quand il réapparait comme par magie, tu as déjà 3 lessives de retard (un peu comme les avocats qui passent de durs comme de la pierre à même-pour-un-guacamole-c ‘est-mort en une nuit.).  

Je ne sais plus si le déclic pour que l’on mette au point un vrai système pour gérer les lessives a été une énième “tournée du mort” (mais si, la lessive que tu as remis en route deux fois parce que tu as oublié de la sortir, mais qui malgré les 3 lavages sent toujours la mort), la fois de trop à ressortir un truc du sale, faute de trucs propres à se mettre (roooh, ça va, on le fait tous.tes !), ou bien la vision décourageante d’un panier rempli alors que je me pensais enfin “à jour” (j’ai des joies simples dans la vie), toujours est-il que nous avons eu un déclic.  

Nous avons commencé par nous attaquer à l’origine du mal : l’inventaire. Si le linge est un problème, il en faut moins. Facile non ? Je ferai un post sur comment faire faire du tri aux enfants, mais au final tout le monde a mis le nez dans ses affaires, et les garde-robes ont été divisées par deux (3 ou 4 pour la mienne qui, après un tri en plusieurs étapes tient maintenant dans 2 petits tiroirs et 2 grands tiroirs).  

Avoir moins de vêtements a eu trois avantages immédiats sur la gestion des lessives :  

  • Avec moins à se mettre, on met les habits plus longtemps avant de les mettre au sale, le bac à linge se remplit moins vite, donc on se laisse moins prendre au dépourvu face à un bac qui déborde trop vite.   
  •  Avec moins de stock, il faut que le lavage-séchage-pliage- rangeage (rangement ça bousillait mon effet) aille plus vite si l’on veut toujours avoir un truc à se mettre. Cela nous force naturellement à être à jour.   
  • Du coup, au revoir la pile de linge qui grandit sur le canapé/haut de la machine à laver/sol de la chambre ; le cycle du linge (le laps de temps entre le vêtement qui quitte ton corps jusqu’à celui où il revient plier dans ton armoire) est très fortement réduit

La deuxième chose a été d’enlever les différents paniers à linge de la maison et de n’en garder qu’un seul, qui a survécu à cette chasse aux sorcières car il a l’avantage de faire pile-poil la taille d’une lessive. Ce qui fait que quand on met une machine en route, il est automatiquement vide, donc on n’accumule plus de retard. A l’époque il se trouvait à côté de la machine, pratique pour faire le point à chaque fois qu’on met un truc au sale. Maintenant, comme la plupart des gens en Suisse, nous avons une buanderie partagée. La nôtre est en dehors de l’appartement, donc le panier est dans la salle de bain.  Les enfants sont responsables de récupérer leur linge sale dans leur chambre, ce n’est pas à nous de le faire Alors oui, au début ils ont eu la flemme, mais à la première journée sans slop propre le matin d’école, ça c’est nettement amélioré. On appelle ça vivre avec les conséquences naturelles (ici la gêne, le désespoir) de ses actions (ici la flemme) ! 

Pour ce qui est du lancement des machines à proprement-dit, on a aussi simplifié. Nous n’avons gardé que les vêtements faciles d’entretien. On ne perd pas de temps à trier, on met tout à 40 degrés, et voilà. Un seul programme à se souvenir, comme ça même les enfants peuvent lancer une machine !  

Et notre dernier coup de génie (oui, de génie), la délégation. Ben oui, si nous avons fait en sorte que le linge soit désormais un jeu d’enfants à gérer, autant les y faire jouer (alors je ne vous cache pas que ça n’a pas eu autant de succès qu’une partie de Catan) ! Du coup, grosse envie soudaine de responsabiliser enfant numéro un et lui apprendre ce que c’est d’être un homme, un vrai. Il ne fait pas non plus TOUTES les lessives, mais au moins la moitié, et ça nous soulage pas mal, surtout quand la laverie est deux étages plus bas et qu’il faut passer par l’extérieur (c’est bon pour son petit corps en pleine croissance de prendre l’air de toute façon).    

Pour ce qui est de trier le linge une fois propre, numéro deux s’en charge car il aime aider est super vénal et échange cela contre des “bons points” (notre outil de manipulation système de récompense, j’en parlerai une autre fois.).  Il fait un tas par personne, que chacun range (de toutes façon il vaut mieux que ce ne soit pas moi parce qu’avec 3 garçons, je me trompe tout le temps dans le quoi est à qui). Il fait même les paires de chaussettes.   

Enfin notre dernière astuce pour se faciliter la gestion du linge a été “le lâcher prise” (j’aime être tendance dans mes concepts). C’est beau einh? Ça consiste juste à n’en avoir rien à faire si les vêtements des enfants ne sont pas bien pliés. Comme on s’en fiche, on ne vérifie pas, on ne fait pas refaire, on se deleste de cette responsabilité. Encore une chose en moins à faire.   

Par contre je n’ai toujours rien trouvé pour éviter les chaussettes célibataires. Vous avez la solution miracle ?


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Délégation & Autonomie des enfants, Organisation du quotidien, Organisation familiale

Nos réunions de famille

Je rentrais en 6ème l’année de la sortie d’Hélène et les Garçons (j’accepte vos condoléances). Et malgré l’immense plaisir ressenti quotidiennement à me faire poser la question “Hélène, où sont tes garçons ? Hi, hi, hi “ (oui, cette question était invariablement suivie d’un ricanement débile), et à entendre les gens chanter mon prénom au lieu de le prononcer normalement, ce qui me rendait le plus triste dans tout cela, ce n’était pas les moqueries, mais le d’avoir un prénom de série TF1 alors que je rêvais de vivre une vie de série américaine comme La Fête à la Maison. 

Du coup, en grandissant j’ai décidé de réaliser mon rêve. Alors non, je n’ai pas épousé un commentateur sportif californien mais un charpentier du 93 (presque !). Je n’ai pas non plus une maison dans un quartier inabordable de San Francisco, (je loue un appart en Suisse, au moins j’ai le côté inabordable de mon rêve), mais j’ai importé ce qu’il y a de meilleur dans cette série et toutes les autres qui ont façonnées mon subconscient : La réunion de famille ! Allez les Tanners, réunions ! Et la tête de DJ qui se trouvait trop cool pour ce genre de choses, et Stéphanie qui voulait faire la petite fille obéissante, et…je divague. 

Depuis deux ans maintenant, nous avons des réunions de famille régulières, où chacun peut participer à l’ordre du jour, et où l’on prend les décisions ensembles sur tout un tas d’aspects de la vie familiale, notamment notre organisation quotidienne.  

Mais pourquoi ces réunions ?  

D’abord car nous pensons (parfois naïvement) que si les enfants font partie prenante des décisions, elles seront plus facilement respectées, C’est un moment qui permet à tous de s’entrainer à prendre la parole devant les autres, à exprimer une opinion, à défendre ses idées et à convaincre les autres. Mais surtout parce que tout ce qu’ils peuvent dire pourra être retenu contre eux nous trouvons préférable de régler les problèmes à froid, et quand ils ne sont pas encore trop grands, que plus tard.  

Comment ça marche 

Comme nous avons 3 petits escrocs à la maison, nous savions que dès le début. Il fallait établir des règles. Je pensais en avoir 5 maxi, mais vu qu’enfant numéro 1 a hérité de la mauvaise foi légendaire de son père (certains diront de la mienne mais je refuse cette accusation infondée), que numéro 2 pourrait être avocat pour TOTAL et que numéro 3 est un électron libre, au final on en a 18.  Les voilà : 

Ensuite, les réunions fonctionnent toujours pareil.  

D’abord on regarde vite fait les décisions prises durant la ou les dernières réunions pour voir si elles tiennent toujours la route. Ensuite on fait un tour de table vite fait pour savoir de quoi chaque personne veut parler (dès fois il n’y a rien, dès fois tout le monde a un sujet à aborder). Puis on aborde les sujets dans l’ordre. La personne expose sa question, son dilemme ou sa demande, on en discute, on trouve plusieurs solutions potentielles, on choisit la meilleure, on vote, et on écrit la décision finale dans le carnet. Clairement, de tout noter ça rend les choses plus formelles et permet de se mettre d’accord plus précisément sur les termes des nouvelles règles (rapport aux trois escrocs décrits plus haut). 

De quoi on parle 

De tout et de rien, du plus important au plus banal: 

  • D’heure du coucher 
  • Du temps d’écran 
  • Du ménage 
  • Des idées de menus 
  • Des jouets 
  • D’un éventuel animal de compagnie (spoiler alert, c’est toujours non, mais ils vivent dans l’espoir et veulent en parler régulièrement) 
  • Des vacances 
  • Des règles de table 
  • Des sorties 
  • De Noël 
  • De la chasse d’eau (toi-même tu sais) 
  • D’intimité 
  • Des chansons énervantes (baby shark et ses amis) 
  • De sécurités routière 
  • De relations  
  • De funérailles pour les insectes (oui) 

Et du coup, ça marche ? 

Excellente question Hélène. Oui. Ces réunions permettent de prendre le temps de tout expliquer, et de ne plus avoir à rentrer le débat quand il y a un désaccord sur un truc déjà discuté. Du coup, on répète BEAUCOUP moins depuis qu’on a ce système en place.  

En plus, cela leur montre que les chaussettes qui trainent par exemple, ce n’est pas MON problème parce que c’est moi qui râle, mais c’est un problème qui affecte la famille, vu qu’on en parle en réunion de famille. Je passe toujours pour une rabat-joie à leurs yeux, c’est sûr, mais beaucoup moins qu’avant, donc je prends ! 

En bonus, j’ai 2 ans de préoccupations des enfants écrites noir sur blanc, et franchement, au-delà d’être souvent drôle et mignon, c’est un super souvenir à garder. Mieux que des photos, on se replonge dans les préoccupations du moment et cela décrit bien la dynamique familiale. Je ne suis pas du tout matérialiste et ne m’attache pas aux objets, mais ce carnet fait partie des choses que je sauverais s’il y avait le feu. Il y est d’ailleurs juste à côté de la boite à sauver en cas d’incendie (oui, ça aussi j’ai prévu, c’est bizarre mais ça m’aide à me détendre).  


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Nos amis les devoirs

Aujourd’hui j’ai décidé de parler d’un des sujets les plus explosifs qui soit dans une famille. Non, je ne parle pas du choix des prénoms des enfants de votre cousine, mais des devoirs. Ce mot à lui seul est l’anti-madeleine de Proust. Vous l’entendez, et en une minute vous êtes replongé.e dans des souvenirs d’enfance douloureux faits de désespoir, de sueurs froides du dimanche soir en voyant qu’il y a une rédac pour demain, de disputes avec vos parents parce que “ce n’est pas comme ça qu’elle nous a dit de faire la maitresse” et de « livre oublié-dans-son-casier-mais-purée-c’est pas-possible-ce-gosse-un-jour-il-oubliera-sa-tête ». 

J’ai été tellement traumatisée par les souvenirs de disputes entre mes parents et mon grand frère (oui, je balance), qu’avec mon mari nous avons pris la décision la plus radicale rien que pour les éviter : un mois avant la rentrée d’enfant numéro un en CP, nous avons déménagé en Nouvelle-Zélande, où pendant 7 années de scolarité les garçons n’ont eu ni devoirs, ni notes. Alors, je ne vous cache pas, ce n’est pas LA solution la plus simple pour gérer les devoirs. Mais du coup on s’est épargné beaucoup de mauvais moments potentiels ! 

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et la rentrée nous sommes en Suisse, donc les enfants ont maintenant des devoirs et des notes, donc des évaluations à réviser. Alors on est encore sur du light par rapport à mes souvenirs d’enfance; on est sur du 45 minutes par semaine maximum, c’est largement gérable. Mais il faut rajouter à cela les années de retard à rattraper en Français (les enfants n’ayant pas été scolarisés dans la langue de Maitre Gim’s, mais dans celle de Beyoncé), et en Allemand (das ist muy importante in Schweiz, heureusement ils peuvent compter sur mon trilinguisme évident). Donc il y a quand même du boulot, et tant que moi je n’en ai pas, justement, du boulot, je peux les aider.  Le temps est venu d’honorer la promesse que j’avais faite à la petite fille que j’étais : je refuse de me prendre la tête pour les devoirs.   

Du coup, face au nouveau challenge devant nous, j’ai fait ce que je sais faire le mieux : du chantage émotionnel préparer et organiser. D’abord on a préparé leurs petits cerveaux malléables non seulement au choc des devoirs, mais à notre approche: on les encouragera fortement à faire leur devoirs, on les aidera, mais on ne les forcera pas, ils devront gérer les conséquences de leur flemme le cas échéant (spoiler alert, numéro 1 a déjà été face à ces conséquences et l’échec a été tellement cuisant lors de sa seule évaluation non révisée, sa réaction tellement explosive que même les 2 autres ne sont pas prêts d’arriver à l’école les mains dans les poches pendant un moment ! Pour une fois son sens exacerbé de la compétition nous a été bien utile). 

Ensuite, on s’est attaqué à l’organisation matérielle. Nous voulions un endroit agréable pour faire les devoirs. Pas de chacun dans sa chambre sur un bureau, pas pratique pour les contrôler travailler ensemble, trop de distractions, et surtout on voulait que les chambres restent des endroits zen, avec rien qui ne leur rappelle l’école. Un peu comme pour le télétravail. Personne ne veut penser à son collègue Henri-qui-a-des-traces-d-auréoles-séchées-sur-sa-chemise-même-à-8H-du-mat à la vue des dossiers posés dans le coin de la chambre. Nous avons la chance d’avoir une salle à manger séparée qui est devenue la salle des devoirs. C’est neutre, et ils peuvent participer à l’aménagement de l’endroit pour le rendre agréable. 

Oui, il faut que je retapisse le fond de ce placard, il me donne des boutons!

Il y a surtout un grand placard entièrement dédié à l’école avec : un casier individuel pour leurs affaires (en carton massif, j’exige le meilleur pour mes enfants), une place pour les sacs, des fournitures en plus, et les livres de référence communs. Je dévie un peu mais je pense avoir le seul enfant de 13 ans AU MONDE qui ait envoyé un message WhatsApp à sa Grand-Mère pour lui demander de ne surtout pas oublier le Bescherelle quand elle viendrait en vacances. Je suis partagée entre la fierté et la gêne. Cela simplifie vraiment la vie de tout avoir accessible en un seul endroit. Et surtout, leurs affaires d’école ne se mélangent jamais avec d’autres. Car oui, ton enfant arrive à se coller lui-même à la feuille en cours de travaux manuels, mais la feuille hyper importante de la maitresse qui te donne les dates des réunions parents-profs, celle-là tu peux être sûr.e. qu’elle n’est collée nulle part, et que si le sac arrive dans la chambre, elle finira avec les T-shirts, ou sous un lit.

Enfin, après des semaines où j’étais le parent qui s’occupait à 100% de la gestion des devoirs car n’ayant pas encore de boulot, j’en ai eu marre on s’est vite rendu compte qu’il fallait mettre en place un systèmediviser pour mieux régner, pour se partager les tâches tout en leur laissant la place pour développer l’autonomie et la prise d’initiative face au travail, bla bla bla. Donc maintenant, chaque semaine mon mari et moi sommes le parent responsable de la supervision des devoirs d’un seul enfant. Et le troisième se gère tout seul. Attention, responsable ne veut pas dire faire les devoirs avec eux, mais vérifier le carnet tous les soirs et les aider à s’organiser dans leur travail, à anticiper les évaluations à venir et à prioriser les tâches. Bien sûr, ils peuvent tous faire appel à nous pour réviser ou les aider. En gros on sert de pense bête, de pom-pom girl, de coach, de tuteur si on peut, mais pas de flic.

Avec les attentes, les outils et le système en place, ne restait plus qu’à créer une routine, pour fermer le débat une fois pour toute et ne pas avoir à discuter tous les jours du meilleur moment pour faire ses devoirs, et pendant combien de temps (ça se voit que je déteste répéter ?). Tous les jours ils doivent montrer leur carnet à leur parent de la semaine (même si « il-n-y-a-rien-je-vous-jure », parce que souvent « ah-oui-c-est-vrai-y-avait-un-truc-en-fait »), et doivent passer 10 minutes sur les devoirs s’il y en a, et 10 minutes à rattraper le programme en Français et Allemand quoiqu’il arrive.

Et comme les écrans sont limités, ils ne rentrent pas en concurrence avec les devoirs. On ajustera l’organisation au fur et à mesure, mais pour le moment ça roule, et je ne suis pas encore prise la tête pour les devoirs ! Youhou ! Mission accomplie, la petite Hélène de 7 ans est contente de cette promesse tenue et admire la belle femme organisée qu’elle est devenue.

Et vous, vous faites comment pour les devoirs des enfants ? Je suis toujours curieuse et preneuse d’idées.


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